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Aux assises du Puy-de-Dôme, l’insondable vérité sur la mort de Lilian, 4 ans

Enième coup ou chute dans l’escalier ? La cour d’assises du Puy-de-Dôme a tenté de faire la lumière lundi sur la mort de Lilian, 4 ans, pour laquelle comparaît son beau-père qui a admis pour la première fois des violences.

Cheveux bruns, blouson noir, Steven Gomes a reconnu dès l’ouverture de son procès à Riom (Puy-de-Dôme) qu’il « tapait » régulièrement sur l’enfant et sa mère, jugée à ses côtés pour « non assistance à personne en danger ».

Avouant d’abord des « fessées », des « coups de pieds aux fesses » puis des « gifles », il a fini par admettre avoir également frappé le garçonnet « dans le ventre », avec la « main fermée et ouverte ».

Notamment le matin des faits « parce qu’il avait fait pipi sur le canapé du salon »: « Quand je perds le contrôle, je ne me rappelle plus exactement ce qu’il se passe », se justifie l’accusé âgé de 26 ans.

« Vous le frappiez tous les jours? », le presse le président Sébastien Talenti. « Non, il y a des jours où il ne faisait pas de bêtise… ».

Il a toutefois fermement nié être à l’origine de sa mort le 21 février 2017, répétant que l’enfant avait « chuté dans l’escalier » de l’immeuble de Lempdes (Puy-de-Dôme) où vivait la famille suivie par les services sociaux.

Sa mère s’était absentée en début d’après-midi pour un rendez-vous médical, et lui avait confié la garde de ses trois enfants.

L’accusé l’avait appelée quelques minutes après son départ pour lui dire de revenir car Lilian était tombé. A son retour, elle avait découvert le garçonnet allongé, inconscient, dans la chambre du couple. Son compagnon avait quitté l’appartement avec les deux autres enfants alors âgés de 5 et 18 mois.

Les secours alertés par la jeune femme avaient transporté Lilian à l’hôpital où il avait succombé dans la soirée.

– « Nombreuses ecchymoses » –

Dent cassé, cheveux arrachés, « nombreuses ecchymoses »: le médecin légiste a énuméré à la barre les multiples blessures, parfois anciennes, constatées sur l’enfant, tandis que les images glaçantes de son corps recouvert d’hématomes défilaient sur les écrans de la Cour.

L’ensemble des lésions observées « témoigne d’une maltraitance », a conclu le médecin, tout en jugeant « scientifiquement possible » que les blessures fatales -un traumatisme crânien- soient liées à une chute.

Une enquêtrice a dépeint un accusé « impulsif, +addict+ aux jeux vidéo, consommateur régulier de cannabis et d’alcool ».

« Avez-vous recueilli des avis positifs le concernant? », l’interroge le président. « Non… », a-t-elle lâché.

L’homme a déjà été condamné pour violences, notamment sur une ex-compagne. D’autres anciennes partenaires le décrivent comme « violent » « dangereux » et « manipulateur » tandis que ses deux soeurs ont affirmé qu’il les avait frappées.

En août 2015, le père biologique de Lilian avait soustrait l’enfant à sa mère après avoir remarqué des bleus sur son visage et avait porté plainte.

« Tout le monde se rend compte qu’il y a un problème et il ne se passe rien », malgré onze passages aux urgences et quatre signalements concernant Lilian, a déploré auprès de l’AFP Me Myriam Guedj Benayoun, avocate de l’association « Innocence en danger » qui s’est constituée partie civile.

Un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents ou beaux-parents, a-t-elle rappelé.

La mère de Lilian, silhouette fine, cheveux longs décolorés, pantalon noir, veste claire, est restée impassible y compris lors de la diffusion des images de son enfant.

En début de soirée elle a témoigné en pleurs des coups que lui infligeait « chaque semaine » son concubin sous « n’importe quel prétexte ».

Quant aux violences sur Lilian, « j’essayais de m’interposer mais rien ne fonctionnait », a raconté la jeune femme, qui a eu depuis un quatrième enfant placé « en raison des violences conjugales » de son nouveau partenaire.

Le magistrat instructeur a estimé qu’elle ne pouvait ignorer « le danger que constituait la présence de son compagnon auprès de Lilian ». Elle encourt pour cela deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

L’accusé risque quant à lui la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict mercredi.

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