Affaires

Chambéry: un homme relaxé après des poursuites pour harcèlement moral après que sa compagne ait mis fin à ses jours

Poursuivi pour harcèlement moral après que sa compagne ait mis fin à ses jours, un trentenaire a été relaxé vendredi, à Chambéry. La justice estime qu’il n’y a pas de lien de causalité.

Un homme de 30 ans poursuivi pour des faits de harcèlement moral après le suicide de sa compagne, a été relaxé vendredi matin devant le tribunal correctionnel de Chambéry, en France.

La jeune femme a mis fin à ses jours en février 2016 à Chambéry. Le couple entretenait une relation depuis cinq mois. L’homme avait reconnu à l’audience du 5 juin des «propos inqualifiables» envers la jeune femme. Mais le lien de causalité avec sa mort n’a pu être établi.

«Une belle décision»

La présidente de la juridiction Aude Favoulet a brièvement justifié cette décision à l’audience, évoquant l’«absence de caractérisation d’un lien de causalité certain entre les propos et les comportements (du mis en cause), et la dégradation des conditions de vie altérant la santé» de sa petite amie de 23 ans
Le ministère public avait requis à l’audience dix-huit mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire.

Un appel de la décision est pour l’instant à l’étude. Pour la défense, Me Max Joly a salué une «belle décision». «Il faut rendre hommage au tribunal qui a résisté à des tentatives de manipulation lors du délibéré», a-t-il estimé.

Du côté de la partie civile, Me Catherine Rey a considéré que ce procès constituait malgré tout «une pierre à l’édifice», mais elle estime que «la suite est à construire».

La mère est en colère

Pour la mère de la victime qui s’est confiée à France 3 Alpes, ce jugement est un véritable choc: «Je ne comprends pas. Je suis en colère, il y a des aveux. Le dossier est complet. Qu’est-ce qu’il faut de plus ?»

Il la pousse dans les bras de son ex

La veille des faits, le trentenaire avait tenté de la joindre à de nombreuses reprises, lui laissant des messages violents et lui envoyant les photos d’un doigt coupé et d’un poignet entaillé téléchargées sur internet. Le matin même, la jeune femme lui avouait avoué qu’elle avait passé la nuit chez son ex-compagnon. Pour le prévenu, cela signifiait la fin de leur relation après une infidélité de la jeune femme quelques semaines auparavant.

Une nouvelle infraction: le «suicide forcé»

Ce procès a eu lieu quelques jours avant l’adoption par le Sénat d’une proposition de loi relatif aux violences conjugales, faisant suite au Grenelle du même nom. Ce texte consacre un article au harcèlement moral au sein du couple. Il s’agit pour le législateur de reconnaître à l’avenir une nouvelle infraction de «suicide forcé». Dans l’affaire jugée vendredi, seule le harcèlement moral a été retenu étant donné que l’infraction de «suicide forcé» n’existait pas encore au moment du jugement.

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