Société

des sinistrés des intempéries relativisent

« Ma maison il doit en rester une pièce »: à Roquebillière, dans l’arrière-pays niçois, Jennyfer, 29 ans, découvre les dégâts provoqués par la violente crue de la veille, mais se résigne: « J’ai tout perdu mais on est en vie ».

La jeune femme, qui préfère taire son nom de famille, vit et travaille dans cette « cité EDF », un ensemble de dix chalets aménagés pour les employés de l’usine électrique en bordure de la rivière Vésubie, dans ce village des Alpes du Sud.

Samedi, elle a découvert l’ampleur du désastre, après avoir été évacuée vendredi au plus fort des intempéries: plus de la moitié de sa maison a été comme soufflée par la crue, des pans de murs et des câbles gisant dans l’eau boueuse, un canapé parti à la dérive.

Le reste de sa maison menaçant de s’écrouler, elle multiplie les allers-retours au pas de course pour y récupérer des sacs de vêtement, des tableaux, avant qu’il ne soit trop tard.

A quelques mètres de là, Jean-Louis Mazella, ancien directeur de l’usine, a eu plus de chance: sa maison tient encore debout, même s’il n’a plus ni eau ni électricité. « Mais ce qui est inquiétant c’est que ce qui faisait digue, qui faisait protection, a disparu, donc on est à la merci d’une autre crue », a-t-il expliqué à l’AFP.

Ce village touristique aux portes du parc national du Mercantour, a payé un lourd tribut vendredi dans les inondations exceptionnelles qui ont frappé la région: deux octogénaires ont été emportés par les eaux, sous les yeux effarés de nombreux témoins. Au niveau matériel, plusieurs maisons, écuries, une station de pisciculture, mais aussi la centrale EDF et un pont, ont été submergés par la Vésubie, devenue hors de contrôle en quelques heures seulement.

– « j’ai perdu 1,3 million d’euros » –

Toujours à Roquebillière, le camping Les templiers a lui aussi été dévasté. Son directeur, Arnaud Leclercq, 45 ans, raconte: « c’est le pont du vieux village qui s’est cassé et quand il est arrivé dans l’eau, l’eau s’est déviée et est descendue sur mon camping… ».

« J’ai perdu 1,3 million d’euros », conclut-il, énumérant « trois voitures, 27 mobil homes, des dizaines d’emplacements perdus ». « Je n’ai sauvé que la maison d’habitation, et ma famille, ce qui est le principal ».

A trente kilomètres d’ici, dans la vallée voisine de la Tinée, Nathalie Valori, qui tenait un restaurant de montagne avec sa compagne, a elle aussi tout perdu.

Leur « bébé », le Mounta Cala, qu’elles avaient passé deux ans à restaurer avant d’ouvrir en janvier, a été « traversé par des montagnes de terre », décrit Mme Valori à l’AFP par téléphone.

La salle à manger douillette à l’ambiance alpine, ses murs recouverts de lambris, semble avoir subi le passage d’un ouragan, la cuisine renversée, des tonnes de gravats au sol, décrit-elle.

« Je ne suis même pas en colère car c’est la nature, mais je suis désespérée: j’ai 54 ans, c’était mon projet de vie, maintenant on va faire quoi? », se demande Mme Valori, reconnaissante à la maire du village de « nous avoir dit d’évacuer avant qu’il soit trop tard » vendredi.

Samedi, Rimplas et ses 130 habitants est « coupé du monde » car il est impossible d’y accéder par la route, a indiqué à l’AFP la maire Christelle D’Intorni.

« On est tous abasourdi », a confié à l’AFP Serge Franco, 61 ans, kinésithérapeute à Roquebillière. Il avait assisté à la dernière crue mémorable dans le village, en 1993, « mais ce n’était pas du même ordre, là c’est incompréhensible ».

Samedi soir, le premier ministre Jean Castex, qui s’est déplacé dans la région, a fait état de sa « vive inquiétude » sur le bilan humain de ces pluies diluviennes.

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