Société

Face à la deuxième vague du Covid, Macron veut un électrochoc

Face à la deuxième vague de Covid-19 qui risque de devenir « dramatique », Emmanuel Macron s’adresse aux Français mercredi soir pour annoncer une série de mesures plus contraignantes et les exhorter à mieux faire barrière au virus.

Restrictions ciblées, couvre-feu local, télétravail, transports: « toutes les options sont sur la table », a indiqué son entourage, après la tenue mardi matin d’un conseil de défense sanitaire à l’Elysée et alors que le Premier ministre Jean Castex réunit les ministres concernés autour de lui mardi soir.

Rien ne devrait être annoncé avant qu’Emmanuel Macron ne soit interrogé mercredi à 19H55 sur TF1 et France 2 pendant environ 45 minutes, sa première longue intervention sur le coronavirus depuis le 14 juillet.

Tout reconfinement local semble toutefois écarté à ce stade, mais Emmanuel Macron pourrait décider des mesures très restrictives, comme l’ont expérimenté la Guyane et depuis quelques jours plusieurs villes allemandes dont Berlin.

Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a aussi exclu mardi sur RTL « a priori » l’annonce par Emmanuel Macron de mesures concernant les écoles, collèges et lycées.

Emmanuel Macron devrait d’abord appeler au « sursaut citoyen » alors que l’Etat n’a juridiquement pas le pouvoir de contrôler les foyers.

Il devrait également annoncer une accélération des tests, grâce à l’arrivée de nouvelles techniques beaucoup plus rapides, comme les tests salivaires, ainsi qu’une protection renforcée pour les seniors.

Au-delà des questions sanitaires, le chef de l’Etat détaillera des mesures d’aides économiques et sociales, dans le cadre de sa ligne du « quoi qu’il en coûte » lancée dès le 12 mars. « L’objectif est de casser la vitesse de contamination du virus sans bloquer la reconstruction de l’économie », explique son entourage. De plus en plus de secteurs économiques appellent l’Etat à l’aide face à leurs pertes de revenus, comme ces derniers jours les forains, les chauffeurs de VTC et les patrons de discothèques.

L’objectif est une « prise de conscience collective », selon une source proche de l’exécutif.

« Les Français ont besoin de repères, ils ont envie de clarté sur le moyen et long terme. Il faut leur donner une trajectoire, un calendrier pour les mois qui viennent », indique l’entourage du chef de l’Etat, qui évoque une période charnière pour les six à huit prochaines semaines.

Ces mesures devraient être mises en place très rapidement car « chaque jour compte », au vu des simulations du nombre possible de décès présenté en Conseil de défense.

Emmanuel Macron fait ainsi comme les autres dirigeants européens, l’Allemande Angela Merkel, le Britannique Boris Johnson ou l’Espagnol Pedro Sanchez, qui ont tous prévenu leurs concitoyens que « les moments les plus difficiles sont devant nous ».

Sa priorité reste plus que jamais « d’éviter un reconfinement général » pour ne pas remettre l’économie et la vie sociale et éducative à l’arrêt, comme au printemps. « Les Français ont peur autant pour leur santé que pour leur emploi. Il faut donc leur parler des deux », souligne l’entourage du président.

– « Risque de jacquerie » –

Cauchemar des restaurateurs déjà très fragilisés, l’hypothèse d’un couvre-feu avec la fermeture de commerces, bars et restaurants tôt dans la soirée, inquiète les oppositions. « C’est une décision lourde, une restriction de liberté importante », prévient le député PS Boris Vallaud, en évoquant un « risque de jacquerie ».

« Elle peut être nécessaire dans les grandes villes », et dans ce cas « nous y serons favorables », avance pour sa part le président des députés LR Damien Abad.

« Je ne crois pas dans cette mesure. Elle ne s’appliquera pas. La France n’a pas les effectifs de police pour faire appliquer un couvre-feu », juge le patron des députés UDI Jean-Christophe Lagarde. « Les restrictions c’est quand on a tout raté », a lancé Marine Le Pen (RN).

La France est l’un des pays les plus touchés: jour après jour, le taux d’incidence (nombre de cas positifs sur les sept derniers jours pour 100.000 habitants) grimpe au point d’atteindre des niveaux hors de contrôle, en particulier chez les 20-30 ans avec un record à Paris où il vient de dépasser 800 quand le niveau d’alerte est à 50. Mais il monte dans toutes les tranches d’âge et dans de nombreuses métropoles, dépassant toujours 250 à Toulouse (256,5) et atteignant 424 à Lille par exemple, selon des chiffres obtenus auprès des agences régionales de santé (ARS).

Le taux de positivité des tests atteint désormais 11,5% en France dont 17% à Paris. Près de 50% des lits de réanimation en Ile-de-France sont occupés par des malades Covid, provoquant des déprogrammations d’opérations. Mais ce taux d’occupation dépasse aussi le seuil critique de 30% en Occitanie ou aux Hospices civils de Lyon.

Confronté à cette dégradation, l’exécutif fait face à un défi de taille: convaincre les Français, en premier lieu les jeunes, que la lutte se joue surtout dans la sphère privée. « Il y a 50% de responsabilité individuelle. On n’y arrivera pas si les gens ne s’y mettent pas », souligne une source gouvernementale. Le patron de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris Martin Hirsch appelle, dans Le Parisien, « tout le monde à avoir 20% de contacts sociaux en moins ».

bur-jmt-leb-jri/ib/cbn

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