Politique

le gouvernement « ne renoncera pas au principe du bonus-malus », souligne Borne

Le gouvernement « ne renoncera pas au principe du bonus-malus sur les ruptures de contrats » dans le cadre de la réforme de l’assurance chômage suspendue jusqu’au 1er janvier, déclare la ministre du Travail, Elisabeth Borne, dans un entretien au Figaro samedi.

« La crise est très dure et nous pousse à adapter certains paramètres à la situation économique pour limiter certains effets négatifs », explique notamment Mme Borne dans cet entretien.

« On a ouvert une discussion avec les partenaires sociaux sur les paramètres mais on ne renoncera pas au principe du bonus-malus sur les ruptures de contrats ni à celui de la refonte du calcul du salaire journalier de référence », tranche-t-elle. « Nous sommes ouverts à des ajustements mais nous prendrons nos responsabilités si les discussions n’aboutissent pas », met-elle en garde.

La veille, sur Franceinfo, le négociateur du Medef pour l’assurance chômage, Hubert Mongon, avait qualifié le système du bonus-malus de « très compliqué à mettre en place » et « pénalisant l’ensemble des entreprises ». Interrogé sur une « période de référence de quatre mois », il s’est néanmoins dit « ouvert » à « une réflexion sur ce sujet là (…) », en souhaitant « qu’on traite également des questions de bonus/malus et des questions de dégressivité ».

Concernant le « salaire journalier de référence », M. Mongon a qualifié les dispositions existantes de « pas insensées ».

Conçue à un moment de baisse du chômage et de difficultés de recrutements, la réforme de l’assurance chômage prévoit notamment un durcissement de l’indemnisation, accusée de ne pas être assez incitative à la reprise d’emploi, et un « bonus-malus » sectoriel pour pénaliser les entreprises qui abusent des contrats courts.

Les syndicats, qui la rejettent, contestent en particulier le durcissement de la durée d’affiliation pour ouvrir des droits (de 4 mois travaillés sur les 28 derniers à 6 mois sur les 24) et des conditions de rechargement lorsqu’on travaille pendant son chômage. Ils s’opposent aussi à la dégressivité au bout de six mois pour les demandeurs d’emplois de moins de 57 ans ayant perdu un revenu supérieur à 4.500 euros brut et au nouveau mode de calcul de l’indemnisation qui pénaliserait ceux, souvent précaires, qui alternent contrats courts et inactivité.

Le patronat se mobilise, lui, contre le bonus-malus censé s’appliquer en 2021 sur la cotisation d’assurance chômage payée par les entreprises dans sept secteurs grands consommateurs de contrats courts et d’intérim (hébergement-restauration, agroalimentaire, transports…).

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