Société

« les sous-traitants sont sacrifiés », dénoncent des salariés de AAA

« On a peur de tout perdre »: ils étaient mardi quelques dizaines de salariés du secteur aéronautique à s’être rassemblés devant les différents sites du sous-traitant AAA, qui compte supprimer plus de 45% de ses effectifs en France dans le cadre d’un PSE.

L’appel lancé par la CFDT, deuxième syndicat d’AAA, intervient au dernier jour de négociation du plan de restructuration annoncé en juillet dans le sillage de la crise du Covid-19 qui touche l’ensemble du secteur aéronautique. Pour AAA, quelque 700 postes sont menacés sur 1.500 en France.

« Il n’y a pas eu d’avancées, rien n’a évolué depuis juillet, c’est un simulacre de négociations », déplore Arnaud Robin sur le site de AAA à Colomiers, près de Toulouse, le plus touché.

Selon ce responsable syndical CFDT, l’entreprise AAA (Assistance Aéronautique et Aérospatiale) spécialisée dans les services sur site pour des clients tels qu’Airbus ou Safran, « va faire en sorte que les gens repartent avec le minimum légal et des indemnités dérisoires ».

Il estime que « les sous-traitants ont été grandement sacrifiés » et réclame aujourd’hui « au moins » la mise en place du nouveau dispositif d’activité partielle de longue durée « APLD ».

« AAA, Aucun Avenir Assuré », pouvait-on lire sur une banderole attachée à la grille d’entrée.

Ces derniers mois, la quasi-totalité des sous-traitant d’Airbus – AAA, Derichebourg Aeronautics, Latécoère, Liebherr Aerospace ou Sogeclair – ont annoncé des plans sociaux ou des mesures visant à réduire leurs effectifs.

Les sous-traitants sont aussi sacrifiés « par rapport aux grandes boîtes du CAC 40 », davantage aidées par l’Etat, selon Thierry Pingaud, mécanicien aéronautique chez AAA depuis huit ans et délégué syndical CFDT.

Sans beaucoup d’espoir sur une reconversion, il estime qu’il n’y aura « pas de plan B pour les salariés licenciés ». « J’irai pointer à pôle emploi, comme tout le monde », dit-il.

A Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), Quentin, 31 ans, est contrôleur qualité pour AAA depuis sept ans. Père de deux jeunes enfants, avec un crédit sur sa maison, il se demande aussi comment il va s’en sortir. « Peu de boîtes recrutent encore, on sait déjà qu’on va passer énormément de temps au chômage. C’est assez compliqué de se dire du jour au lendemain qu’il faut que je me reconvertisse », dit-il.

L’entreprise, qui compte quelque 3.500 salariés dans le monde, est basée à Paris mais possède plusieurs plateformes d’intervention dans l’Hexagone, notamment à Saint-Nazaire, Bordeaux ou Tarbes.

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