Société

Macron veut rassurer dans les zones dévastées par les crues

« On sera là »: mettant la main sur l’épaule d’habitants éprouvés et parfois en larmes, le président Emmanuel Macron a assuré mercredi que l’Etat mettra les moyens pour la reconstruction des zones dévastées par les crues du 2 octobre dans les Alpes-Maritimes.

« On a eu la sensation d’être oubliés pendant 48 heures, faut pas nous oublier, faut refaire notre belle Roya et qu’on revive », lui lance une habitante en larmes à Tende, un village de 2.000 âmes, accessible en hélicoptère uniquement depuis le déluge de vendredi soir.

Emmanuel Macron lui met la main sur l’épaule: « On mettra les moyens, on sera là ».

Quelques minutes plus tôt, la voix nouée, le maire de Tende Jean-Pierre Vassallo avait raconté au président le désastre lors des pluies torrentielles: « Le vendredi soir, c’était le cauchemar, les maisons tombaient les unes après les autres, on a évacué l’Ehpad, avec le personnel soignant, les pompiers, on a fait un véritable miracle ».

En quelques heures, des trombes d’eau se sont abattues sur trois vallées au nord de Nice, entraînant des crues très brutales. Le dernier bilan fait état d’au moins quatre morts, huit disparus et 13 « supposés disparus ». Deux autres personnes sont mortes en Italie lors de cet épisode pluvieux.

La reconstruction des routes arrachées, des maisons éventrées et des réseaux d’adduction d’eau ou d’électricité endommagés pourrait coûter un milliard d’euros, a souligné le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier.

A Tende, commune de la vallée de la Roya parmi les plus touchées par ces intempéries hors normes, beaucoup parlent au président de l’urgence de rétablir la ligne de train alors que la route depuis Vintimille, sur la côte italienne, a été emportée à de nombreux endroits, ne laissant que des pointillés d’asphalte.

« Dans les prochaines heures, on va rouvrir un accès (routier) par l’Italie. Après, le train, 4 ou 5 semaines, nous disent les techniciens (…) La route principale que vous connaissez, elle, ça va pendre des mois car il y a des ponts à refaire, je vais pas vous mentir », répond le chef de l’Etat.

– « Pas reconstruire à l’identique » –

« Aujourd’hui, on a signé l’arrêté de catastrophe naturelle, ça va permettre de déclencher des indemnisations », ajoute-t-il, en précisant que 80% du coût des maisons à reconstruire seront pris en charge.

Mais, « on va pas reconstruire à l’identique, car il faut quelque chose de résilient », prévient Emmanuel Macron.

D’autant qu’avec le réchauffement de la planète, ces épisodes de pluie extrêmes (dits « épisodes méditerranéens »), liés à des remontées d’air chaud et humide de la Méditerranée, risquent de devenir de plus en plus intenses, souligne Météo France.

Après avoir quitté Tende vers 17H00, Emmanuel Macron se rend à Breil-sur-Roya et Saint-Martin-Vésubie, deux autres communes touchées par ces crues.

Le président s’exprimera depuis la gare de Breil-sur-Roya, transformée en plateforme logistique, et où afflue les nombreux dons, en provenance de collectivités, de grandes surfaces, d’associations et de particuliers. Les rotations d’hélicoptères sont permanentes. Les victuailles et biens de premières nécessités, en vrac sur le ballast, attendent leur chargement pour gagner Tende et ses hameaux, La Brigue, Saorge et Fontan, isolés par la route démolies par les crues.

– « Dans la durée » –

Le chef de l’Etat terminera sa visite en soirée par le centre opérationnel départemental installé à la préfecture à Nice.

« La Nation sera présente dans la durée », insiste-t-il face aux défis à venir.

Du côté du département des Alpes-Maritimes, on estime que 1.500 acteurs économiques vont être mis en difficulté, dans des vallées vivant essentiellement du tourisme.

« La reconstruction doit se faire vite, un an, deux ans maximum, pour tout rétablir », plaidait auprès de l’AFP mardi le président du département Charles-Ange Ginesy, expliquant qu’il demanderait 250 millions d’euros à l’Etat pour la prévention des risques.

Christian Estrosi, maire de Nice et président de la métropole niçoise, a de son côté annoncé qu’il demanderait au président de la République « la mise en oeuvre rapide » de dégrèvements d’impôts, de taxes et de cotisations pour « tous les particuliers et les entreprises touchés ».

Les sinistrés restent eux encore désemparés face à un avenir rempli d’incertitudes.

Dans la campagne, environ 120 agriculteurs sont en grande détresse. « C’est une catastrophe, c’est pire que si c’était la guerre », lâche, ému, Jean-Pierre Cavallo, un éleveur du village de Saorge, dans la vallée de la Roya, qui a quasiment tout perdu dans la catastrophe.

bur-jri-leb-iw-san/dlm

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