Politique

ouverture du procès à Paris

« Nous n’avons pas acheté de voix », s’est défendu lundi un ancien adjoint au maire de Corbeil-Essonnes, au premier jour du procès de proches de Serge Dassault, soupçonnés d’avoir participé à un système de corruption électorale lors des scrutins de 2009 et 2010.

Six personnes, dont le maire LR sortant de la ville Jean-Pierre Bechter sont jugées à Paris pour leur implication présumée dans un système d’achat de votes alimenté par la fortune du milliardaire décédé en 2018 à 93 ans.

La présidente de la 32e chambre du tribunal judiciaire de Paris a tracé les grandes lignes du dossier lundi, lisant plusieurs témoignages de militants qui ont décrit auprès des enquêteurs le recrutement d’équipes dans les quartiers Tarterêts, de l’Ermitage, de Montconseil et de la Nacelle.

Ces groupes se chargeaient ensuite, selon ces témoignages, de démarcher les habitants pour les convaincre d’aller voter pour M. Bechter en échange de dons, de promesses de logement ou d’emploi.

Les investigations ont permis de retracer une circulation très importante d’argent via des enveloppes de liquide, des prêts octroyés et jamais remboursés, le financement d’associations fictives, des versements réalisés de comptes au Luxembourg et au Liban. Des millions d’euros auraient ainsi transité.

La magistrate a aussi lu les retranscriptions d’enregistrements clandestins d’adjoints au maire, d’élus locaux et dans le bureau de Serge Dassault lui-même, au cours desquels ces échanges d’argent sont évoqués.

Mis en examen en 2014, l’avionneur, maire de la ville jusqu’en 2009, avait reconnu des « dons » mais nié tout lien avec les élections, se disant victime d’extorsion de la part d’individus « informés de sa générosité ».

Après son décès, seuls ses proches sont au tribunal. Lundi, ils ont été brièvement invités à se positionner par rapport aux faits qui leur sont reprochés.

« Totalement infondés », a affirmé Jean-Pierre Bechter, jugé pour « achat de votes » et « financement illégal de campagne électorale ». « Nous n’avons pas acheté de voix », a juré pour sa part Jacques Lebigre, ex-adjoint au maire.

Christelle de Oliveira, ancienne adjointe au Logement, poursuivie seulement pour « recel » et « blanchiment de financement illégal de campagne électorale », a indiqué reconnaître partiellement les faits.

Intermédiaire présumé, Younès Bounouara comparaît dans le box – il a été condamné en 2018 pour une tentative d’assassinat liée à cette affaire.

« Serge Dassault ne m’a jamais demandé d’acheter qui que ce soit », a-t-il assuré lundi.

Le cinquième prévenu, Machiré Gassama, ancien directeur Jeunesse et sports à la mairie, a fait valoir son droit au silence, et le sixième, un ex-agent municipal, était absent à l’audience, en fuite depuis le début de l’enquête.

Plus tôt dans l’après-midi, trois avocats de la défense avaient plaidé la nullité du renvoi devant le tribunal. La présidente a annoncé que le tribunal se prononcerait sur ces questions à l’issue du procès.

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