Société

Un lycéen de 16 ans blessé à coups de couteau en pleine classe en Seine-Saint-Denis

Une agression au couteau en pleine classe: un lycéen de 16 ans a été blessé par un autre élève mercredi dans un établissement de Saint-Denis, un an après la mort de Kewi, poignardé en marge d’un cours de sport dans une autre commune de Seine-Saint-Denis.

L’auteur présumé des coups, un élève de 19 ans, a été interpellé au sein du lycée Paul-Eluard par la Brigade anti-criminalité (BAC) et placé en garde à vue, a-t-on appris de source policière.

« Il a donné sa version, il est désormais entre les mains de la justice », poursuit cette source qui précise que l’agresseur « a subi du harcèlement ».

La victime a été transportée à l’hôpital mais ses jours ne sont pas en danger, a précisé cette source, confirmant une information du site Actu 93.

Les deux lycéens sont scolarisés dans la même classe de première technologique, a indiqué à l’AFP un parent d’élève, Eric Delion.

L’agresseur « a voulu se venger » après avoir été « victime de harcèlement »: « Il a posté une vidéo sur les réseaux en indiquant qu’il allait en découdre », a-t-il ajouté.

La victime a été « touchée à l’abdomen », et « c’est un camarade de classe qui a fait le point de contention », a-t-il précisé, en s’inquiétant d’un possible « match retour ». Sur place, les enseignants ont lancé « un appel au calme ».

Les cours dans le lycée ont été « suspendus par la direction » après l’agression, a indiqué M. Delion.

« Un cap est à nouveau franchi dans les violences qui s’exercent à l’intérieur et qui rajoutent aux souffrances au travail que nous dénonçons depuis des années: diminution des moyens, emplois du temps invivables, manque de personnel socio-sanitaire, silence de nos autorités à nos demandes répétées d’audience », ont regretté dans un communiqué les personnels du lycée.

« Les insuffisances que nous soulignons ne sont pas étrangères à cette irruption de la violence à l’école. Elles en font le lit en même temps qu’elles témoignent de l’abandon, de longue date, d’une véritable politique publique dans le département », estiment-ils.

-« L’école n’est plus un sanctuaire »-

Contacté par l’AFP, le proviseur de l’établissement n’a pas souhaité faire de commentaire.

Une cellule d’écoute psychologique a été déployée par le rectorat de Créteil et la quasi-totalité des élèves de la classe et des assistants d’éducation ont été pris en charge, selon le rectorat.

Pour Jérôme Martin, professeur de français depuis six ans dans cet établissement, les épisodes de violences y sont réguliers et « la rentrée a été catastrophique ».

« Vous vous rendez compte qu’on n’a pas d’infirmiers et que c’est un gamin qui a dû faire le point de contention! Il faut attendre qu’un élève soit agressé pour qu’on soit écouté », a-t-il regretté, en précisant que la présidente LR du Conseil régional, Valérie Pécresse, s’est rendue sur place.

« Ce sont des élèves qui sont déjà battus à l’extérieur. L’école n’est plus un sanctuaire », a par ailleurs estimé un enseignant d’histoire-géographie sous-couvert d’anonymat.

En avril 2018, plusieurs centaines d’enseignants et de parents s’étaient rassemblés sur le parvis du lycée pour « dire stop à la violence ». Ils réclamaient davantage de moyens humains et « une prise de conscience » du gouvernement.

A l’époque, en une semaine, des enseignants avaient exercé deux fois leur « droit de retrait », notamment après qu’une pierre, jetée à travers la vitre d’une salle de classe, avait blessé deux élèves, dont une à la tête.

Cette nouvelle agression intervient quelques jours après une « Marche contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation » organisée à Pantin, dans le même département de Seine-Saint-Denis, en mémoire d’une directrice d’école qui s’était suicidée, mais aussi de deux lycéens scolarisés à Aubervilliers, tués en 2019 dans des rixes.

En octobre, Kewi, 15 ans, avait été tué en marge d’un cours d’EPS aux Lilas, dans un contexte de rivalités entre quartiers des Lilas et du Pré-Saint-Gervais, où il vivait. Un jeune professeur d’EPS avaient tenté de le ranimer, sous les yeux paniqués de ses élèves.

Quelques semaines plus tard, Djadje Traore, 19 ans, avait lui été assassiné en bas de son immeuble à Saint-Ouen. Il était scolarisé en première au lycée d’Alembert à Aubervilliers, comme Kewi.

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